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Plongée au cœur des urgences britanniques avec l’East Midlands Ambulance Service.

  • Photo du rédacteur: Florian Ozainne
    Florian Ozainne
  • 6 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Les étudiantes et étudiants de l'Esamb peuvent réaliser leur premier stage de 3ème année à l'étranger. C'est le cas de Gregory Morard.


Depuis maintenant quelques jours, je suis en stage en Angleterre (soutenu par l’agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le système éducatif - MOVETIA).

J’écris ces quelques lignes pour donner mes premières impressions. Je suis dans l’East Midlands Ambulance Service (EMAS). Pour avoir une idée, leur zone d’intervention est aussi vaste que 1,5 fois la Suisse romande et il y a environ 4,5 millions d’habitants. Chaque jour, plus de 80 ambulances couvrent le terrain. Il y a également une dizaine de véhicules d’intervention rapide et un hélicoptère. J’en parlerai lors d’un prochain post.


Cette première semaine se passe en partie à l’université où j’ai l’opportunité de suivre quelques cours théoriques. J’en profite pour avoir mes premiers cours sur les accouchements pathologiques qui seront au programme lors de mon retour en Suisse. Je ne manque pas de tester les traditionnels vendredis midis, où les étudiants et leurs professeurs partagent un repas chaud tous ensemble. Moment de convivialité et de rires assuré.


La deuxième semaine se passe pour ma part au QG. Je découvre les métiers de l’ombre qui sont très importants pour le bon fonctionnement du service. Je réalise à quel point tout est organisé et combien chacun a un rôle bien précis.

Premièrement il y a les « call takers ». Ce sont eux qui répondent aux 2000 appels quotidiens au 999, le numéro d’urgence. Ils doivent trouver parmi ces appels lesquels nécessitent une ambulance très rapidement et lesquels peuvent attendre. Pour ce faire, ils classent les appels en 5 catégories, de C1 (urgence vitale nécessitant une intervention immédiate) à C5. Ce jour-là, pour les appels de catégorie C2, il pouvait y avoir une attente allant jusqu’à 90 minutes et pour les C3 jusqu’à 6 h.

Ensuite, les interventions passent entre les mains du dispatch. Ces hommes et femmes doivent trouver le moyen d’envoyer une ambulance sur chaque intervention. Leur objectif est d’envoyer une ambulance sur un appel C1 dans les 5 minutes qui suivent l’appel. Pour les autres catégories, ils vont dans l’ordre d’arrivée et du C2 au C5. Ce matin-là, quand je suis arrivé, il y avait 2 appels C3 qui attendaient depuis plus de 15 h une ambulance. Inimaginable pour nous, mais qui arrive très souvent ici.

Au vu des temps d’attente parfois importants, il y a la « clinical assessment team ». Cette équipe est composée d’ambulanciers. Son but est de rappeler un maximum de patients afin de contrôler si le premier tri était le bon, ou s’il faut faire intervenir une ambulance plus rapidement, ou si une solution alternative pourrait être trouvée. Ils ont accès aux agendas des différents médecins généralistes et peuvent trouver un rendez-vous chez l’un d’eux plutôt que de surcharger les urgences.



Pour terminer cette semaine, j’ai passé 12 h aux urgences du Lincoln County Hospital, le principal centre d’urgence du Lincolnshire. J’ai accompagné un paramedic et une infirmière, binôme qui a pour but de fluidifier l’arrivée des ambulances et de trouver des chaises roulantes ou des lits pour tous les patients afin de pouvoir libérer les ambulances le plus rapidement possible. Cette journée-là, j’ai été confronté à la surcharge des urgences. Durant la soirée, les 8 salles de déchocage étaient pleines. Les 35 lits également, et il y avait des patients allongés sur des brancards un peu partout dans les couloirs. Il y a deux causes principales à cette surcharge : la gratuité des soins et le manque de personnel hospitalier.

La suite du stage se passera avec les différents acteurs sur le terrain. Je me réjouis de vous raconter la suite de mes aventures anglaises.


Gregory Morard.

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