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Deux systèmes préhospitaliers, une même mission : une perspective ontarienne de la collaboration interprofessionnelle.

Photo du rédacteur: Florian Ozainne
Florian Ozainne
il y a 3 heures
3 min de lecture

Récit d'Héléna Muga Ezquerra. Lors de ce stage, mes camarades de classe et moi-même avons été confrontés à de nombreuses différences entre les systèmes préhospitalier et hospitalier, ainsi qu’à des défis de société bien distincts de ceux rencontrés en Suisse, comme ils ont pu l’évoquer dans leur retour d’expérience.


Je pourrais parler de nombreux sujets : des dispositifs qui équipent les ambulances pour être plus visibles, des précautions que les paramédics prennent lorsqu’ils conduisent en urgence, de leur logistique en matière de matériel et d’horaires pour assurer des soins de manière optimale, le temps remise du patient à l'hôpital , des différentes catégories de paramédics existantes, etc.


Mais ce qui m’a frappée pendant les premières semaines a été l'intense collaboration interprofessionnelle. Les pompiers et la police sont bien évidemment engagés pour les mêmes raisons qu’en Suisse (relèves, chutes, AVP, incendies, etc.), mais aussi d’office lors de tout arrêt cardio-respiratoire ou de toute perte de connaissance. Mes coéquipières et moi-même avons été engagées simultanément avec la police et les pompiers à de nombreuses occasions, et les premiers arrivés sur place (souvent la police ou les pompiers) annulaient parfois les autres intervenants selon la situation.



L’intervention qui, à mon sens, a mis en évidence cette différence de système a été un arrêt cardio-respiratoire auquel nous avons participé.

En Suisse, la majorité du temps, lorsque cela se produit à domicile, les first responders sont engagés et seuls un SMUR et une équipe de paramédics sont envoyés.


Un équipage 100 % féminin  ! Strong women, strong team !
Un équipage 100 % féminin ! Strong women, strong team !

À Ottawa, lorsque nous sommes arrivées à domicile, équipées de nos masques FFP2 (obligatoire lors de toutes réanimations...) , une policière était à la tête du patient et était en train de le ventiler au ballon, ce qui m’a surprise. Un PRU (paramédic en voiture disposant du matériel nécessaire pour commencer la prise en charge avant l’arrivée de l’ambulance, ainsi que d’un Lucas) venait juste d’arriver et avait posé les patchs. Les pompiers nous ont talonnées et ont repris le massage cardiaque pendant que notre équipe déroulait la prise en charge classique de la réanimation. Notre superviseuse (une cadre paramédic qui se greffe à certaines interventions pour aider et évaluer la situation et qui utilise le même type de voiture que les PRU) est arrivée et nous a prêté main-forte. Une de mes collègues a repris la ventilation dès que l’I-gel a été posé, les pompiers se sont occupés de la relève dès que le Lucas a été mis en place et nous avons transporté le patient à l’hôpital. Au total, nous étions dix à onze intervenants et l’intervention m’a semblé très fluide et rapide.



Cette organisation prend tout son sens au regard des caractéristiques d’Ottawa. La ville compte environ 1,2 million d’habitants répartis sur 2 800 km². Le volume d’interventions est également considérable, avec environ 150 000 appels par an pour la ville et les zones rurales environnantes.


Par ailleurs, contrairement au système suisse, Ottawa ne dispose pas de SMUR. Les paramédics peuvent donc réaliser certains gestes avancés, notamment des intubations orotrachéales ou nasotrachéales, lorsque cela est indiqué.

Les formations dispensées aux autres intervenants constituent une autre différence notable. En Suisse, les policiers sont formés au BLS-AED, tout comme les pompiers, mais ces derniers sont également formés à ventiler au ballon.


À Ottawa, les deux corps de métier sont formés au BLS-AED, à la ventilation au ballon, à l’utilisation des canules oropharyngées ou nasopharyngées, mais aussi à la réalisation de certains gestes, tels que l’administration de naloxone par voie intranasale en cas de suspicion d’overdose.


En conclusion, le contexte influence considérablement un système préhospitalier. Cette expérience m'a montré comment l'interprofessionnalité se façonne lorsque le contexte change. Un immense merci à toute l'équipe d'Ottawa Paramedic Service pour cette expérience de deux mois hors du commun. Héléna.

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